Manifeste pour une politique de santé environnementale

Dans une approche participative, le mouvement En Marche travaille au plus près du terrain pour faire remonter les idées et les propositions des « citoyens-experts ». Dans ce cadre, un groupe de travail thématique sur la Santé a été créé en Ille-et-Vilaine. Depuis plusieurs mois, des experts des questions médicales et de santé se réunissent à Rennes pour alimenter le programme d’Emmanuel Macron sur ce sujet crucial pour la protection des Français. Nous partageons avec vous le fruit de leurs travaux. Aujourd’hui: le thème de la santé environnementale.

Qu’est-ce qu’est la santé environnementale ?

La défense de l’environnement et l’impact que celui-ci a sur notre santé est un des thèmes importants de cette campagne présidentielle. Le mouvement En Marche ! a fait plusieurs propositions pour la protection de la population contre l’exposition aux différents composés chimiques, agents biologiques et physiques qui nous agressent quotidiennement. Cependant, savez-vous ce qu’est la santé environnementale ?

Selon la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé, « la santé environnementale comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par des facteurs physiques, chimiques, biologiques sociaux, psychosociaux et esthétique de notre environnement. Elle comprend également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures. »  

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Actuellement, sous la pression des lobbys, l’Union Européenne a donné une définition des perturbateurs endocriniens qui n’est pas satisfaisante au regard de la communauté scientifique, l’Endocrine Society qui fait figure de référent, en tête. Selon cette dernière les critères définis par l’Union Européenne sont « inutilement étroits et empêcheront les agences de régulation de réunir l’ensemble des preuves pour protéger les populations des composés dangereux » Il est donc indispensable que sous la pression des pays comme la France, la Suède ou Malte qui ont été rejoints depuis par d’autres pays, que l’Union Européenne définisse ce qu’est un perturbateur endocrinien. Il est impératif qu’elle se base sur des critères objectifs issus de la communauté scientifique. Il y a plus de 1300 articles scientifiques qui démontrent l’impact des perturbateurs endocriniens sur des pathologies aussi variées que l’infertilité, le diabète, l’obésité, les cancers hormono-dépendants (sein, prostate, etc.) ou encore les troubles neurologiques.

Afin de protéger efficacement les populations contre ces différents composés il est indispensable de se placer au niveau européen pour que la loi s’applique au plus grand nombre et que l’Union Européenne garantisse en tout indépendance l’innocuité des produits fabriqués en Europe ou importés des autres régions du monde.

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Il existe deux grands programmes nationaux de recherche sur la santé environnementale en France, le Plan National de Recherche sur les Perturbateurs Endocriniens (PNRPE) et le Plan National de Recherche en Environnement-Santé-Travail (PNREST) qui sont placés sous l’égide l’Agence Nationale de la Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du travail (ANSES), du Ministère de l’écologie et de l’environnement et du Ministère du travail. Le PNRPE a été créé en 2005 et a permis le financement de 39 projets pour un montant d’environ 5 M€. Le PNREST pour sa part, est doté d’un budget annuel de 6 M€ qui permet de financer des projets par le biais de deux appels d’offre. L’un est généraliste ce qui permet de financer tous les projets de recherche en lien avec ce domaine et l’autre est dédié à la thématique des « radiofréquences et santé ».

Bien entendu, le financement de projet est une chose mais qui n’est pas très utile sans des laboratoires de recherche compétitifs. Il existe de nombreuses équipes de recherche de l’Inserm, du CNRS ou de l’Inra dans tout le territoire français qui s’intéressent à la santé environnementale. Cependant, cette dernière recouvre de très nombreuses disciplines alliant la biologie, la toxicologie, la pharmacologie, l’épidémiologie mais aussi les mathématiques, l’informatique, l’économie, la géographie, etc.

Il est donc important que les financements proposés prennent en compte la multi et la transdisciplinarité de cette thématique et de favoriser les unités de recherche qui regroupent ces disciplines comme par exemple à Rennes avec l’Institut de Recherche en Santé, Environnement et Travail.

Ainsi, l’ensemble des résultats issus de la recherche sera un outil précieux pour l’aide à la décision des instances de régulation dans le choix d’interdire les composés les plus toxiques. Par exemple, en France, le bisphénol A qui est un plastifiant que l’on retrouvait dans de très nombreux produits de grande consommation (conserve, bouteille plastique, biberon, etc.) mais également dans les encres thermiques (sur les tickets de caisses) a été interdit. Il a certes, été remplacé par le bisphénol S qui est loin d’être inoffensif mais qui est malgré tout moins toxique que le bisphénol A.

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Toujours avec l’exemple des perturbateurs endocriniens, leur effet est avéré dans plusieurs pathologie telles que le diabète et l’obésité, les cancers, les troubles psychologiques et la baisse du QI, l’infertilité. Le coût sanitaire de notre exposition à ces composés est estimé à 119 milliards d’euros dans la fourchette basse et seulement dans l’Union Européenne.

Une notion importante dans l’évaluation de ces composés est la fenêtre d’exposition. En effet, la majorité des études scientifiques montrent qu’une exposition au cours de la vie fœtale va avoir des conséquences sur la vie d’adulte. De plus, c’est à cette période que peuvent se mettre en place des événement génétiques qui auront des conséquences sur plusieurs générations.

Lorsqu’on parle de l’impact de notre environnement sur notre santé, l’agriculture avec l’utilisation de pesticides, herbicides, etc. est souvent pointée du doigt. Cependant, les composés toxiques sont présents partout dans l’air intérieur que nous respirons (composés organiques volatiles), dans les produits que nous nous appliquons sur la peau (benzophénones dans les crèmes solaires), dans nos meubles et nos vêtements (retardeur de flammes bromés) et dans l’eau que nous buvons (nonylphénol, triclosan) par exemple.

De plus, il ne faut surtout pas négliger notre exposition aux résidus médicamenteux qui ne sont pas inoffensifs. L’exemple le plus connu est celui des antibiotiques qui ne sont pas toujours prescrits à bon escient et qui sont utilisés massivement dans les élevages américains avec pour conséquences une augmentation drastique de la résistance des bactéries et une gamme d’antibiotique utilisable en clinique qui diminue. Un autre exemple est celui de l’ibuprofène. Il vient d’être très récemment mis en évidence que la prise de cet antalgique par les femmes enceintes au cours du premier trimestre peut avoir des conséquences sur la fertilité des garçons.

Pour retrouver l’ensemble des propositions d’Emmanuel Macron sur le thème de la santé: https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/sante 

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