S’il est une chose qui m’a marqué lors du meeting Parisien d’Emmanuel Macron le 10 décembre dernier, c’est à n’en pas douter l’ovation qu’il a reçu à la simple évocation du mot « Europe ». Qu’il est rare de nos jours de voir l’Europe applaudie dans des meetings, et non montrée du doigt comme le bouc-émissaire de tous nos problèmes nationaux. Emmanuel Macron est profondément européiste, surement le plus européiste des candidats à l’élection présidentielle. Il croit au projet Européen, et contrairement à beaucoup il ne considère pas l’Europe comme le problème, mais comme la solution. Il considère que face aux nouveaux risques, face aux risques de la mondialisation, seule l’Europe peut nous protéger. L’Europe doit peser sur la scène internationale et défendre nos valeurs.

Il n’est pas pour autant euro-béat, reconnaît volontiers les dysfonctionnements actuels de l’Europe.

Son Constat

Emmanuel Macron fait le constat de 3 dysfonctionnements :

  • Le projet européen est au point-mort. Et ce pour deux raisons. La principale étant que les 3 piliers sur lesquels il s’est construit sont aujourd’hui en péril : Paix (attentats à répétition, menace Russe à l’Est), Prospérité (Europe empêtrée dans la crise et pas de réaction commune face aux nouveaux risques liés à la mondialisation), et Liberté (partout des barrières aux frontières, en France l’Etat d’Urgence et des dérives autoritaires notamment en Hongrie). Et face à ces promesses non tenues, le couple franco-allemand, moteur habituel de l’Europe est bloqué par des tabous : crainte d’un abandon de souveraineté en France et refus de transferts financiers en Allemagne.
  • Le second dysfonctionnement concerne les institutions européennes. Elles font aujourd’hui l’objet d’une défiance des citoyens européens, cela est dû selon lui à la gestion technique de la crise qui s’est faite sans l’appui du peuple : l’Europe apparaît froide, technocratique, antidémocratique.
  • Enfin, le sentiment d’appartenance n’existe plus. Entre les Non français et néerlandais en 2005 et le Brexit en 2016, il y a eu une décennie perdue, une Europe sans projet fédérateur et politique, donnant naissance à une génération d’eurosceptiques.

Pour Emmanuel Macron, le Brexit découle de tous ces dysfonctionnements : « c’est la fin d’une Europe perçue comme ultra-libérale et sans projet politique ». Il est temps de « rénover l’Europe de fond en comble » et de formuler un projet de fond, rassembleur et ambitieux. Comment donc répondre à ce constat, et relancer le projet européen ?

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Ses propositions :

En Marche plaide pour une redéfinition du l’action de l’UE sur des thèmes où son action apporte plus que la somme des actions des Etats membres : en matière de flux migratoires, de lutte contre le terrorisme, de numérique, d’environnement et de commerce, le bon niveau d’action est le niveau européen car sur ces sujets les pays sont impuissants à agir seuls, de manière isolée et non coordonnée. Concrètement cela passe selon lui par une véritable politique commerciale, migratoire et environnementale commune pour, à la fois, défendre les intérêts commerciaux de l’Europe, protéger ses frontières et établir un prix du carbone européen. Emmanuel Macron plaide pour  l’établissement d’un marché unique du numérique pour faire émerger des géants européens du numérique qui puissent concurrencer les géants étatsuniens et défendre les intérêts des citoyens.

Pour plus d’efficacité dans l’établissement de cette politique, il souhaite briser le tabou de l’Europe à deux vitesses :  il faut avoir un projet de plus forte intégration qui permette une véritable convergence à quelques-uns au sein de la zone euro : que tous ceux qui le souhaitent, et notamment les membres fondateurs, aillent plus loin dans la convergence fiscale, budgétaire, et l’établissement de politiques communes et coordonnées sur les sujets que j’ai cité avant.

Concernant la Zone euro, il fait le constat sans appel de l’impossibilité du statut quo, que la monnaie commune ne peut continuer à fonctionner ainsi. Il propose donc la création d’un gouvernement économique européen fort, doté de son propre budget et qui aurait pour but de mettre en œuvre une politique de relance économique en investissant dans le numérique, les industries d’avenir, la transition énergétique. Ce nouveau gouvernement économique de la zone euro, aux pouvoirs élargis, serait contrôlé grâce à la création d’un Parlement de la zone euro composé des membres du Parlement européen dont les pays appartiennent à la zone euro.

Enfin, il faut recréer un sentiment européen, ce qui passera à la fois par des mesures symboliques comme la généralisation du programme Erasmus à un maximum d’étudiants et apprentis. Mais cela passera aussi par l’organisation d’une convention démocratique dans les vingt-sept pays membres afin de faire naître un projet qui se construise avec l’opinion, avec les peuples et non à leur dépend.

Ces propositions sont ambitieuses, à la hauteur des défis qui attendent le continent dans le siècle à venir. Face au désengagement des Etats-Unis de Trump, face à l’affirmation militaire de Poutine, face à l’émergence de nouvelles puissances économiques comme la Chine et demain le Brésil, l’Inde, la réponse se trouve dans l’Europe, dans la force de son unité, et non dans le repli et la construction de murs comme certains veulent le faire croire.

En 2017, l’Europe aussi se remettra En Marche !

VB

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