Emmanuel Macron a posté dernièrement un vibrant plaidoyer pour un engagement massif des femmes en politique et en particulier dans le mouvement »En Marche ». Il fait le constat que les femmes y sont globalement sous représentées et pose la question du « Pourquoi »?  Dans une démarche citoyenne, il s’interroge et, au-delà du questionnement, montre une évidente volonté de jouer sur des ressorts pragmatiques pour inverser la situation.

C’est dans ce contexte que nous avons décidé d’interviewer Carole Gandon.  Diplômée de Sciences Po Rennes et titulaire d’un Master Affaires Européennes, Carole est Responsable Relations Internationales et Intelligence Économique au sein de l’Institut de Recherche Technologique b<>com. Outre ces fonctions, elle participe d’une façon très active au mouvement En Marche d’Emmanuel Macron. Animatrice du Comité local de Rennes-Centre et membre de l’équipe départementale de campagne, elle nous explique les raisons de son engagement.

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M.P: Comment as-tu rencontré le mouvement En Marche d’Emmanuel Macron?

Inquiète de voir les thèmes portés par le FN dominer le débat médiatique et atterrée par la profusion de mauvaises solutions portées par une classe politique que j’estime usée et en décalage avec mes attentes de citoyenne, je me suis intéressée à la méthode et aux idées portées par le mouvement En Marche. Casser les systèmes de rente quels qu’ils soient (politique, financière), libérer l’entreprenariat, repenser en profondeur les services publics pour les rendre plus efficaces, réactiver l’ascenseur social en redonnant la priorité à l’école, rendre l’Europe plus forte : voici quelques-unes des réponses qui ont suscité mon adhésion !

M.P: Qu’est-ce qui a déterminé ton engagement ?

Le 21 avril 2002, j’avais 18 ans. Je fais partie de cette génération « traumatisée » du 21 avril, qui a toujours connu la crise, le chômage de masse, et qui voit monter les scores du Front National au même rythme que les parts d’audience réalisées par Eric Zemmour ou Alain Finkelkraut. Mon engagement repose donc sur la volonté d’agir pour faire progresser mon pays et le refus de laisser l’espace médiatique aux extrêmes qui jouent sur les peurs et aux déclinistes de tous bords qui prônent le repli sur soi et le retour à des schémas sociaux rétrogrades. Nous pouvons nous tromper, nous pouvons échouer (et je n’y crois pas), mais au moins, nous aurons essayé quelque chose de nouveau! Si nous restons assis les bras ballants, nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous-même.

M.P: S’engager est une chose, accepter des responsabilités au sein d’un mouvement politique en est une autre. Peux-tu expliquer comment et pourquoi tu as pris cette décision ?

Après une première expérience militante au Parti Socialiste à Paris, j’ai été profondément déçue par le bilan du président Hollande et de ses gouvernements successifs. Les promesses non tenues et autres reniements philosophiques de cette gauche de gouvernement (loi famille, droit de vote des étrangers, droit à mourir dans la dignité, priorité donnée à la jeunesse), les réponses, au mieux maladroites, au pire dangereuses, apportées face aux enjeux du terrorisme et du chômage (déchéance de nationalité, utilisation du 49.3 sur la loi Travail), le scandale Cahuzac, les casseroles de Thomas Thévenoud, Julien Dray, etc. La liste est longue de toutes les petites ou grandes turpitudes des représentants politiques, de droite comme de gauche, qui ont fait la preuve de leur incompétence ou de leur éthique douteuse.

Je ressens plus que jamais aujourd’hui l’urgence de participer au renouvellement de notre démocratie, c’est pourquoi j’ai décidé d’adhérer à En Marche et de créer un comité à Rennes.

M.P: Les comités locaux jouent un rôle fondamental dans la dynamique du mouvement. En quoi consiste ton rôle d’animatrice de comité ?  Comment exerces-tu cette mission et que t’apporte-t-elle ?

La méthode En Marche consiste à mener une action publique qui réponde aux besoins des citoyens au plus proche du terrain. En dehors de toute approche dogmatique, nous partons du réel pour trouver des solutions concrètes aux problèmes du pays. Les comités locaux, véritables échelons de proximité du mouvement, remplissent ainsi le double rôle de caisse de résonance pour les grandes orientations du mouvement, sa vision, ses valeurs, et de courroie de transmission pour faire remonter les idées, les solutions, les propositions des citoyens. Concrètement, les comités organisent chaque semaine des ateliers thématiques au cours desquels sont débattues les orientations proposées par Emmanuel Macron en matière de santé, éducation, Europe, travail, solidarité, etc. Les adhérents des comités y font des propositions concrètes qui reposent sur leur expérience, leur vécu et leur bon sens.

Lorsque j’ai décidé de créer mon comité, c’était un peu un saut dans l’inconnu. J’ai organisé mes premières réunions de comité chez moi, dans un esprit convivial et de plus en plus de membres nous ont rejoint, si bien que notre comité compte aujourd’hui plus de 70 membres, entre 20 et 30 participants sont présents à chaque réunion. Dans les ateliers thématiques, j’essaye de faire intervenir les adhérents qui détiennent une expertise sur les sujets abordés, par exemple des profs à la retraite sur les questions d’éducation, une étudiante en médecine et un directeur d’hôpital sur la politique de santé, etc. Nous organisons également des actions de terrain, souvent coordonnées entre plusieurs comités, comme des tractages sur des marchés, des porte-à-porte ou encore des actions spécifiques comme « Vos Vœux pour la France ».

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Florian Bachelier, référent départemental présente l’équipe des animateurs locaux lors de la réunion départementale du 24 novembre 2016.

M.P: Tu es également Relai territorial et Responsable de la Coordination des comités locaux pour le département. En quoi consistent ces missions ?

En tant que relais territorial, j’assiste le référent dans son rôle de représentation du mouvement au niveau local et dans la gestion de ses relations avec les médias.

Récemment désignée Responsable de la coordination des comités dans l’équipe de campagne, je m’occupe également d’animer le réseau des 40 comités En Marche d’Ille-et-Vilaine. Je m’attache à favoriser la communication entre ces comités, la diffusion de l’information, le partage des bonnes pratiques, la coordination des actions de terrain, etc. Je fais aussi l’interface avec l’équipe nationale (QG d’En Marche) sur ces questions. Bref, j’essaie de « motiver les troupes » !

M.P: L’engagement des femmes en politique se heurte souvent à de nombreux écueils. Qu’est-ce qui explique selon toi que de nombreuses femmes ne s’engagent pas ? Quels sont ces freins ? Toi Présidente, que ferais-tu pour y remédier ?

Moi présidente, je commencerais par nommer Brigitte Macron Première Ministre !

Plus sérieusement, le premier frein à l’engagement des femmes en politique c’est bien souvent la réticence des femmes elles-mêmes. Malgré des progrès notables au cours des dernières décennies, la majorité des femmes assume encore aujourd’hui la majorité des tâches domestiques et le maternage des enfants, en plus de l’exercice de leur profession. Cela crée bien évidemment un obstacle à l’engagement, notamment politique, du fait du manque de temps et d’énergie. Mais je suis persuadée qu’il y a aussi une forme d’auto-censure de la part des femmes, notamment les plus jeunes, qui ont clairement un problème de confiance en elles. Je vais vous faire une confidence : moi-même, je me bats contre mes démons et il m’arrive souvent de douter de ma légitimité. Mais je me soigne ! Et si, comme le dit Aristote, « le doute est le commencement de la sagesse », j’ajouterais que c’est en forgeant qu’on devient forgeronne !

M.P: Quelle est l’importance portée à la question de la parité au sein même de En Marche ? Y- a-t-il dans les propositions d’Emmanuel Macron un volet sur l’égalité homme-femme?

Renouveler les noms et les visages des représentants de la République est l’un des objectifs que s’est fixé notre mouvement. Cela passe par une porte grande ouverte sur la diversité, la jeunesse, la société civile et bien évidemment, les femmes ! En France, près de 75% des élus parlementaires sont des hommes, seules 16% des maires sont des femmes. Pour remédier à cette anomalie, nous avons érigé la parité en règle cardinale de la désignation de nos cadres et candidats. 45% de nos référents départementaux sont ainsi des référentes (alors que 90% des 10 000 postulants étaient des hommes !), 5 des 9 délégué-e-s nationa-ux-les sont des femmes et nous espérons pouvoir respecter cette règle de parité dans les candidatures qui seront présentées aux Législatives.

En ce qui concerne le plan de transformation porté par Emmanuel Macron, le fil rouge est de libérer tous les parcours et les initiatives et de protéger tous les individus afin de garantir une réelle égalité des chances. Les femmes doivent s’emparer de la place qui est la leur, la parité « il faut la prendre !» comme disait Anne Lebreton, élue parisienne En Marche, dans sa récente tribune publiée dans le Huffington Post.

M.P: Comment pourrais-tu convaincre et persuader de futurs électeurs de rejoindre En Marche?

J’espère avoir déjà répondu à la question !

Michèle W.P.

Retrouvez ici l’appel à la mobilisation lancé par E. Macron en vidéo: https://www.facebook.com/EmmanuelMacron/videos/1906579276241316/

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2 thoughts on “Portrait d’une femme En Marche: Carole Gandon

  1. Bravo et merci pour cet engagement
    J appelle de mes vœux que nos engagements amèneront nos valeurs aux plus hautes fonctions de l etat
    Bravo

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  2. En tant que femme de la même génération, je me retrouve dans ce témoignage. Ne restons pas passifs et observateurs de la politique de notre pays, en participant aux changements, nous pourrons dynamiser de la France par le cœur.

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